Cala d’Or – Gibraltar

Départ de la marina de Cala d’Or, située dans les calanques du sud-est de
Majorque (Baléares), le 7 novembre 2016.

Nous partons le soir vers 20h 30, par beau temps, 15 à 17 nœuds de vent du nord, en tablant sur une moyenne de 7,2 nœuds, de façon à arriver à Gibraltar de jour, enfin en principe.

Pour commencer, grand-voile et moteur parce qu’il ne fait pas chaud et qu’on se met un petit coup de chauffage. A notre âge, on devient frileux, et puis il y a la fatigue des préparatifs à récupérer.

Comme prévu, le vent monte toute la nuit pour atteindre 25 à 30 nœuds à 8h 30 du matin, et certains à bord se rappellent qu’ils peuvent avoir le mal de mer… Et encore, heureusement que nous sommes au portant et pas à taper au près.

On passe au sud d’Ibiza, direction la zone d’Alboran, et le vent se maintient autour de 25 nœuds toute la journée. Pour éviter une zone de vent encore plus fort qui se précipite vers Gibraltar, on finit par se rapprocher des côtes espagnoles qu’on va longer presque jusqu’à l’arrivée. N’empêche, ça secoue quand même malgré notre taille, 51 pieds, c’est-à-dire environ 15,50 m, et un déplacement très lourd qui nous permet une allure assez douce.  Il y a quand même 2 ris dans la grand-voile et dans le génois, histoire de rendre l’allure plus confortable. Malgré ça, notre équipier, Christian, est vraiment malade et ne quitte pas sa couchette.

Sous grand-voile et génois arisés, on marche quand même aux alentours de 6 nœuds toute la journée du 9 novembre et nous arrivons à Gibraltar vers 22h 30. Dans le noir, on manque de se taper la jetée de la piste de l’aéroport. L’arrivée dans la marina de l’Ocean Village n’est pas évidente… et on nous dit de nous amarrer juste en dessous d’un paquebot définitivement vissé à quai et transformé en casino.

Sur le quai, il y a Didier et Jeannot pour prendre nos amarres, des copains que nous nous sommes faits sur Internet par l’intermédiaire de Jean Pierre et Chantal, du bateau Eleuthéra, dont nous avions fait la connaissance à Raguse, en Sicile, en novembre 2015.

Ils nous ont gentiment apporté un petit drapeau de courtoisie de Gibraltar car les anglais sont pointilleux sur l’étiquette navale et, comme nous n’avons jamais navigué en Manche, évidemment pas de drapeau anglais à bord… après on s’est organisés !

Partis de Saint Cyprien, Didier et Jeannot suivent la même route que nous sur un Evasion 34, qui s’appelle BlueEyes, comme les yeux de la femme de Didier, son propriétaire. Jeannot, lui, a son bateau qui est déjà en Guadeloupe et donne un coup de main à Didier pour faire traverser son voilier.

Et naturellement, on termine cette première étape dans les pubs de Gibraltar, à boire de la bière anglaise. Moins cependant que pendant cette folle nuit de novembre 1977, où Bruno et moi nous sommes rencontrés, chacun sur un voilier en route pour traverser l’Atlantique. Nous n’y sommes jamais retournés depuis. Alors forcément cette escale a un petit air de pèlerinage… mais tout a tellement changé dans le port, qu’on ne reconnaîtra rien le lendemain en se baladant, sauf la rue principale…

Gibraltar1
Au pied du bateau casino
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